
La formation et la transmission
Promévil forme des médiateurs sociaux depuis la fin des années 1990. L’association a contribué à faire de la médiation un métier reconnu plutôt qu’une fonction improvisée, en co-créant un institut de formation dédié aux métiers de la ville. Aujourd’hui, cette activité de transmission s’adresse à nos équipes, à nos partenaires, et aux habitants eux-mêmes.
TransmissionUn métier, pas une fonction improvisée.
Transmettre un métier qui ne s’improvise pas
La médiation sociale demande des compétences qu’aucune bonne volonté ne remplace : lire une situation avant qu’elle ne dégénère, tenir un cadre sans autorité formelle, encaisser l’agressivité sans y répondre, savoir quand orienter et vers qui. Ces compétences s’apprennent, se travaillent et s’entretiennent.
C’est aussi ce qui distingue un dispositif professionnel d’un emploi d’appoint. Un donneur d’ordre qui confie un territoire à des médiateurs formés n’achète pas une présence : il achète une capacité d’intervention.

Cycle de professionnalisation
Notre parcours de référence alterne pratique de terrain et formation, sur douze modules répartis sur vingt-quatre mois. Le format long est délibéré : la médiation s’apprend en situation, et une compétence travaillée en salle ne se consolide qu’une fois éprouvée dehors, puis reprise en analyse de pratique.
Le parcours prépare à l’exercice complet du métier et peut conduire à une certification professionnelle de médiateur social.
Six modulesMobilisables séparément, chez vous ou chez nous.
Modules à la demande
Six modules peuvent être mobilisés séparément, pour nos équipes comme pour celles de nos partenaires, agents d’accueil, gardiens, personnels de transport, équipes municipales confrontées au public.
- Médiation sociale : fondamentaux, posture, cadre déontologique
- Intermédiation culturelle
- Citoyenneté et accès aux droits
- Gestion des conflits et des situations d’agressivité
- Communication en situation tendue
- Gestion du stress et prévention de l’usure professionnelle
Par les pairsL’axe le plus récent de notre transmission.
Former les familles par les pairs
C’est l’axe le plus récent et sans doute le plus prometteur. Le principe : ce ne sont pas des professionnels qui interviennent auprès des familles, mais des habitants du quartier formés pour le faire, parce qu’ils ont la légitimité, la langue, et la connaissance des situations que personne de l’extérieur ne possède.
Cette approche par les pairs touche des familles que les dispositifs institutionnels n’atteignent pas, sur des sujets où la parole d’un professionnel passe mal : conflits intrafamiliaux, décrochage scolaire, rapport aux institutions, prévention des conduites à risque chez les adolescents. Elle produit un double effet, auprès des familles accompagnées, et auprès des habitants formés, pour qui c’est souvent un premier pas vers une qualification.
Ce que l’on apprend, concrètement
La formation à la médiation sociale ne consiste pas à transmettre des procédures. Elle consiste à travailler des gestes professionnels qui, mal maîtrisés, mettent en danger le médiateur comme la personne en face. Quatre compétences structurent l’ensemble du parcours.
Lire une situation avant qu’elle ne bascule
Repérer ce qui monte dans un groupe, distinguer une provocation d’une menace, savoir qui parle pour lui-même et qui parle pour son public. C’est ce qui permet d’intervenir cinq minutes avant plutôt que cinq minutes après.
Tenir un cadre sans autorité formelle
Le médiateur ne verbalise pas, ne contraint pas, ne sanctionne pas. Il obtient par la relation ce qu’un uniforme obtient par le statut, et cela s’apprend, notamment à ne pas bluffer sur un pouvoir qu’on n’a pas.
Encaisser sans répondre
L’agressivité verbale fait partie du quotidien. Y répondre, c’est perdre la position de tiers, parfois définitivement sur un territoire. Le travail sur la gestion du stress et la prévention de l’usure n’est pas un module de confort : c’est ce qui permet de durer dans le métier.
Savoir quand passer la main
Reconnaître une situation qui relève du soin, de la protection de l’enfance ou de la police, connaître les interlocuteurs et transmettre une information utile sans trahir la confiance accordée. C’est la compétence la plus délicate, et celle qui distingue un professionnel d’un volontaire.

L’analyse de pratique
Entre les modules, les équipes se retrouvent régulièrement pour reprendre des situations réellement vécues sur le terrain : ce qui a fonctionné, ce qui a dérapé, ce qu’on aurait pu faire autrement. Ces séances sont animées par un encadrant qui n’est pas le responsable hiérarchique direct, condition sans laquelle personne ne raconte ses échecs.
C’est le dispositif le moins spectaculaire de notre parcours et probablement le plus déterminant. Il transforme l’expérience individuelle en savoir collectif, et il protège : un médiateur qui peut déposer ce qu’il a vécu s’use beaucoup moins vite.
PartenairesLes mêmes situations, sans être médiateur.
Former vos propres équipes
Nos modules s’ouvrent aux professionnels qui, sans être médiateurs, sont exposés aux mêmes situations : gardiens et agents de proximité des bailleurs, agents d’accueil des mairies et des équipements publics, personnels de transport, animateurs et équipes de terrain des collectivités.
La demande porte le plus souvent sur la gestion des conflits et la communication en situation tendue. L’intérêt d’une formation conduite par une association qui exerce le métier au quotidien, plutôt que par un organisme généraliste, tient à un point simple : les cas travaillés viennent du terrain, pas d’un manuel.
AntérioritéUn institut de formation dès la fin des années 1990.
Une antériorité de vingt-cinq ans
Dès la fin des années 1990, Promévil s’est associée à l’association Le Valdocco pour créer un institut de formation aux métiers de la ville. L’enjeu était déjà celui d’aujourd’hui : sortir la médiation de l’expérimentation locale pour en faire une profession, avec un référentiel, une formation et une exigence de qualité.

Mobiliser un financement de formation
Selon le montage retenu, une action de formation peut s’inscrire dans un cadre certifié permettant sa prise en charge par un financeur. Nous étudions ce point au cas par cas, avec vous, en amont du projet.
En pratiqueOù, combien de temps, pour qui.
Organiser une session
Les modules à la demande se déroulent chez vous, sur une à trois journées selon le sujet, par groupes de huit à quinze personnes. Au-delà, le travail sur les situations vécues devient impossible et la session se transforme en conférence : ce n’est pas ce que nous faisons.
Nous demandons systématiquement un échange préalable avec l’encadrement, pour caler le contenu sur des situations réelles de vos équipes plutôt que sur des cas génériques. Cette préparation représente une demi-journée et détermine l’essentiel de l’utilité de la formation.
Le cycle de professionnalisation, lui, s’inscrit dans la durée et se construit avec vous à l’échelle d’un dispositif : il suppose une alternance réelle entre terrain et salle, donc un accord sur les temps de retrait des équipes.
