
Comment financer
Un dispositif de médiation sociale se finance rarement sur une seule ligne budgétaire. Plusieurs mécanismes se combinent, abattement fiscal, aides à l’emploi, crédits de prévention, et couvrent une part significative du coût. Voici les leviers mobilisables, et à qui ils s’adressent.
Bailleurs
Pour les bailleurs sociaux : l’abattement de taxe foncière
Les organismes de logement social bénéficient d’un abattement sur la taxe foncière sur les propriétés bâties pour leur patrimoine situé en quartier prioritaire de la politique de la ville. Cet abattement n’est pas un cadeau fiscal sans contrepartie : il est adossé à un programme d’actions négocié avec la collectivité et l’État, portant sur la tranquillité publique et l’amélioration du cadre de vie.
Un dispositif de médiation sociale entre pleinement dans ce cadre. C’est même l’un des usages les plus directement conformes à l’intention du législateur : une présence humaine sur le patrimoine, qui agit sur la tranquillité résidentielle et sur le lien entre les locataires et le bailleur. Beaucoup d’organismes sous-emploient ce levier, faute d’avoir identifié quelles actions y sont éligibles.
Pour les collectivités : les contrats adultes-relais
Le contrat adulte-relais est le dispositif d’aide à l’emploi conçu pour la médiation sociale. Il s’adresse à des personnes d’au moins vingt-six ans, sans emploi ou en contrat aidé, résidant en quartier prioritaire. L’État verse une aide annuelle forfaitaire par poste à temps plein, à des employeurs relevant principalement du secteur associatif, des collectivités et de leurs établissements.
C’est un dispositif doublement utile : il finance le poste, et il fait du recrutement lui-même un outil d’insertion pour un habitant du quartier, ce qui est exactement la logique de la médiation par les pairs.
L’aide s’élève à 24 108,70 € par an et par poste à temps plein au 1er juillet 2026. Elle est revalorisée chaque 1er juillet en fonction de l’évolution du Smic.

Les parcours emploi compétences
Le parcours emploi compétences permet de recruter une personne éloignée de l’emploi avec une prise en charge partielle du salaire par l’État, comprise selon les publics et les territoires entre 30 et 60% du Smic brut. La contrepartie est un engagement de l’employeur sur l’accompagnement et la formation du salarié, engagement que la structuration de notre parcours de professionnalisation permet de tenir sans difficulté.
FIPD
Le fonds interministériel de prévention de la délinquance
Le FIPD finance des actions de prévention portées par les collectivités et les associations, dans le cadre des stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance. Les dispositifs de médiation sociale y sont éligibles, en particulier lorsqu’ils s’inscrivent dans un plan d’ensemble articulé avec les autres acteurs locaux.
Le dépôt se fait auprès de la préfecture, selon un calendrier annuel. Nous accompagnons nos partenaires dans la construction du dossier, parce que la qualité de la description du dispositif pèse autant que son contenu.
Les crédits de la politique de la ville
Les contrats de ville financent chaque année, par appels à projets, des actions conduites dans les quartiers prioritaires : tranquillité publique, lien social, participation des habitants, accès aux droits. Un dispositif de médiation sociale y est éligible dès lors qu’il s’inscrit dans les priorités du contrat de ville du territoire. Le dossier se dépose auprès de la collectivité et des services de l’État ; nous fournissons la description du dispositif et les indicateurs attendus.

Les financements thématiques : parentalité, accès aux droits
Deux compléments selon le contenu du dispositif. Les caisses d’allocations familiales financent les actions de soutien à la parentalité (réseaux d’écoute et d’accompagnement des parents, accompagnement à la scolarité) : un volet parentalité d’un dispositif de médiation peut s’y adosser. La contractualisation de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté finance, avec les départements, des actions d’aller-vers et d’accès aux droits.
Combiner les leviers
Combiner les leviers
Aucun de ces mécanismes ne couvre à lui seul un dispositif complet. Le montage réaliste consiste à les articuler : des postes adultes-relais pour l’ossature de l’équipe, un cofinancement FIPD sur le volet prévention, une part portée par l’abattement de taxe foncière lorsqu’un bailleur est partie prenante, et une contribution directe du donneur d’ordre pour l’encadrement et l’ingénierie.
Ce montage se construit en amont, pendant la phase de diagnostic. Nous le préparons avec vous, en même temps que le dimensionnement du dispositif : les deux questions ne se séparent pas.
Le retour sur investissement
Au-delà du financement direct, un dispositif de médiation produit des économies mesurables : baisse du budget consacré aux dégradations, réduction des plaintes et du contentieux locatif, diminution des interventions d’urgence, meilleure acceptation des opérations de travaux.
L’étude Goodwill Management sur la valeur économique de la médiation sociale conclut que 1 € investi génère 1,71 € d’économies en coûts évités. Consulter l’étude.
Construisons votre montage
Décrivez-nous votre territoire et votre contrainte budgétaire. Nous vous indiquons quels leviers sont mobilisables dans votre configuration, et ce qu’ils couvrent réellement.
